La solitude.

La solitude.

La solitude.

Je ne l’ai que trop connu, ce sentiment. Dans mon cœur, dans mon corps, dans mon âme. C’est viscéral et pernicieux. Ça vient dans tes moments de calme. Ça vient au boulot. Ça vient aussi, très souvent, quand tu es entouré, avec des amis, en soirée…

C’est là. Et tu ne peux rien faire contre ça. C’est douloureux. Et parfois tu ne sais même pas pourquoi tu ressens ça.

Ça peut très bien t’arriver alors que tu as un travail qui te plaît, des loisirs agréables, un conjoint ou une compagne, des enfants… Des amis aimants et présents. À Noël. À ton anniversaire. À tout moment de l’année.

Parfois tu culpabilises de ressentir ça, alors que tu as tout. Ça reste tout aussi valable quand tu n’as pas tout ça bien sûr. Et même quand c’est simplement que tu as fait des choix et que tu as pourtant fait de ton mieux.

Pendant longtemps, je ne comprenais pas pourquoi je me sentais seule.

Puis un jour, j’ai compris quelque chose de simple :

je vis les choses dans la connexion, là où beaucoup vivent simplement la relation.

Je ressens les liens, les émotions, les silences aussi, d’une manière très profonde. Et parfois, cela peut créer un décalage difficile à expliquer.

Cette solitude m’a tenue compagnie pendant 42 ans. Oui, déjà depuis que j’étais enfant. Je me disais : la vie, ça ne peut pas être juste ça.

Et toute ma vie, je me suis raccrochée — pour tenir bon — à cet espoir un peu fragile : un jour, j’aurais ma part de bonheur. Et qu’elle serait immense, vu la merde que je me tape. J’ai longtemps cru, très fort, à une bonne étoile qui veillait sur moi.

Alors bien sûr, j’ai vécu mes épreuves : un père très maltraitant physiquement, parfois jusqu’au sang… Des parents qui ne savaient pas montrer leur affection et qui n’étaient pas vraiment présents à ce que je ressentais. Je ne les blâme pas : eux-mêmes n’avaient pas reçu cela. La résilience n’est pas évidente.

Puis leur séparation, des contextes de vie parfois très précaires — merci aux Restos du Cœur pour la nourriture… Des entourages narcissiques, jugeants, opportunistes. Un mariage, des violences verbales puis physiques, un divorce. Tout recommencer. Et je ne te fais ici qu’un résumé très, très, très réducteur.

J’ai prié pour mourir tant de fois. De tout mon cœur et de tout mon désespoir.

Et toi aussi, peut-être, tu as vécu des choses terribles. Difficiles. Peut-être plus, peut-être moins que ce que je partage ici. Mais au fond, rien n’est vraiment comparable. Aucune souffrance n’est moins légitime qu’une autre. On porte tous notre lot.

Et pourtant, tout du long, dans les mauvais comme dans les bons moments, je me sentais seule. Désespérément seule.

Quelque part, je l’étais aussi. Mon entourage ne s’investissait pas vraiment émotionnellement, ni en présence réelle. Moi, qui suis sensible, au cœur d’artichaut, qui m’ouvre et me donne sans trop de filtres… cela a souvent dérouté. J’étais parfois perçue comme trop émotive, trop intense, trop entière.

Avec le recul, je comprends que cette intensité peut déstabiliser. Chacun a ses propres blessures, ses propres protections. Et face à quelqu’un qui s’ouvre beaucoup, certains peuvent se demander si c’est sincère, s’il y a un jeu derrière. Je peux l’entendre aujourd’hui.

Et pourtant, je suis simplement ainsi.

Je me suis souvent dit que si l’on ne fait pas semblant, si l’on reste sincère avec ce que l’on est, alors il y a plus de chances de rencontrer les bonnes personnes.

Je ressens assez vite comment est l’autre, mais je sais aussi que je peux me tromper, et que chacun se connaît toujours mieux que n’importe qui. C’est aussi pour cela que j’aime poser des questions, chercher à comprendre, à rencontrer vraiment l’autre dans ce qu’il est.

Parfois cela peut bousculer un peu, mais c’est toujours avec l’envie de créer un lien vrai.

Quand je m’attache, cela peut sembler rapide. Mais ce n’est pas par idéalisation. C’est simplement parce que je ressens un lien, une humanité, une sensibilité chez l’autre. Et quand cela arrive, je me donne sincèrement, avec le cœur.

Je suis profonde et entière. C’est juste comme ça. C’est juste moi.

Et longtemps, à être ainsi, je me suis sentie bien seule. Incomprise. En décalage.

Cette solitude, fidèle compagne de ma vie, m’a finalement quittée. Depuis la fin de l’année 2025.

J’ai eu la chance de vivre la médecine sacrée des plantes d’Amazonie, accompagnée par un chamane et par des chants sacrés pendant deux nuits. Ce que j’y ai vécu est difficile à décrire avec des mots.

Je suis allée très loin, dans un espace immense. Et j’ai ressenti un amour inconditionnel d’une puissance que je n’avais jamais connue. Un amour si vaste que je me disais que mon corps n’était peut-être pas fait pour le contenir.

Et à cet instant, j’ai compris quelque chose de simple et de bouleversant :

je n’avais peut-être jamais été seule.

Depuis ce moment, je me sens profondément reliée à la vie, à l’univers, à tout ce qui est. Même quand ma vie traverse des tempêtes, ce sentiment de connexion reste là. Comme une présence tranquille.

Je suis la vie, et la vie sait où elle me mène. Elle sait où est ma place. Et aujourd’hui, je lui fais confiance.

Je remercie la vie de m’avoir conduite jusqu’à cette fin de solitude.

Et c’est sans doute aussi pour cela qu’aujourd’hui, dans les accompagnements énergétiques que je propose, j’aime ouvrir des espaces où chacun peut se reconnecter à lui-même, à la vie, à quelque chose de plus vaste.

Parce que, profondément, je crois que personne n’est vraiment seul.

Marie-Hélène

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